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  • : Voici un blog consacré à la gastronomie et à l'alimentation, écrit par un journaliste professionnel en reconversion. Pour ses écrits dans la presse économique spécialisée, il a obtenu en 2007 le Prix Louise Weiss du journalisme européen.
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Lundi 21 avril 2008
354, chaussée de Wavre 1040 Bruxelles tél: 0473 99 25 74

Un bon petit lunch à 8 euros, ça vous dit ? Dans ce restau-snack de la rue piétonne près de la Place Jourdan, on a de quoi être surpris. Ce n'est pas de la haute gastronomie, certes et l'intérieur fait un peu cantine. Mais ici, on ne se moque pas du client, bien au contraire. Les patrons sont pleins d'attentions : excellent pain qu'on vous sert légèrement grillé, biscuits apéritif si vous prenez une boisson, assiettes joliment décorées... Service attentionné sans être intrusif, ce qui nous change un peu de partout ailleurs. Bon, la restauration n'est pas leur métier et ceci explique peut-être cela, ce qui est d'ailleurs paradoxal, reconnaissons-le. Ici, c'est le temple des gamers, ces "jeunes adultes" qui jouent avec des cartes genre jeu de rôles - je ne suis plus jeune adulte depuis avant-hier, j'ai une excuse pour ne rien y comprendre ! Bref, on y mange de la soupe, de la vraie soupe, des assiettes de quiche (elles viennent des Tartes de Françoise, valeur très sûre) ou de saumon fumé, très correct, toujours avec de la salade, et d'excellents desserts de pâtissier. C'est bon et copieux. Le vin, français et en bouteille, est au prix imbattable de 3,50 euros le quart de litre, acceptable. Les sandwiches sont faits maison. Et le café, c'est du Nespresso (1,75 euro). Quoi d'autre ? Ben, quand il fait beau, il y a même une terrasse. A un prix pareil, avec une qualité pareille et une attention au client pareille, aucune hésitation, on ne se fait pas avoir !
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Jeudi 10 avril 2008
Carlo Petrini, Président et Fondateur de Slow Food

Carlo est journaliste. Il y a une vingtaine d'années, il a lancé le mouvement international Slow Food avec quelques amis, conscient qu'il fallait faire quelque chose pour retrouver le goût des aliments, pour que la nourriture retrouve la place de choix qu'elle a dans notre humanité : elle est à la base de la vie, mais aussi de la convivialité, de notre lien à la terre-mère. Aujourd'hui, Carlo parcourt le monde pour rencontrer tous ceux qui se sentent concernés par le plaisir de manger des aliments qui ont du goût, par la volonté de produire des aliments de qualité et par la vision d'un monde où on respecte l'acte de se nourrir. Nous l'avons rencontré lors de sa conférence exceptionnelle à Bruxelles le 9 avril.

Que manges-tu, Carlo ?

De tout, vraiment. J'aime en particulier les cuisines locales. J'aime connaître toutes les formes d'alimentation du monde. Je suis assez curieux de ce côté-là.

Et à la maison ? C'est toi qui cuisines ?

A la maison, je mange de la cuisine italienne, piémontaise. Mais je ne fais que la manger. Je suis un désastre en cuisine. Les pâtes, ça, je sais faire : quel Italien ne sait pas faire les pâtes ? Mais pour le reste, je détruis les instruments de cuisine ! C'est trop complexe pour moi. Ce n'est pas durable !

Comment as-tu reçu ton éducation sensorielle ?

Par mes grand-mères, une en particulier. Les grand-mères sont à la base de l'éducation sensorielle de tout un chacun. C'est ce qui nous permet de retrouver une saveur, un parfum au fond de notre mémoire. J'invite tout le monde à parfaire son éducation sensorielle, car c'est la base de la gastronomie. Tout le reste en découle. Aujourd'hui, c'est encore possible. Les enfants sont les plus sensibles à l'alimentation.

As-tu déjà eu un problème de santé dû à la nourriture ?

Oui, j'ai eu une intoxication alimentaire il y a sept ans. C'était à cause d'un virus. Quand on voyage beaucoup, on est confronté à des tas de virus qui sont dans l'air.

As-tu déjà mangé des choses incroyables ?

Tout ce qui est comestible est intéressant. L'autre semaine, j'étais en Ethiopie, chez des paysans. Je m'y suis senti autant à l'aise que dans un restaurant trois étoiles au Michelin. Toutes les expériences sont importantes.

Tu fais du lobbying pour une meilleure alimentation, mais pas comme les autres...

C'est un lobby soft, qui a la conscience de ne pas être dur, mais tranquille, doux. Nous parlons de la vie quotidienne. Il ne faut donc pas être trop dur.

Et ça marche ?

Oui, car nous attirons plus de sympathie pour la cause que par d'autres manières. Slow Food fonctionne avec l'amitié, la convivialité et la fraternité.

Quelles sont les solutions que propose Slow Food à la situation actuelle ?

Comme je l'ai dit : tout d'abord l'éducation sensorielle du goût. Ensuite, l'éducation et le développement de la connaissance sur la gastronomie et tous ses aspects, notamment via notre Université des Sciences gastronomiques à Pollenzo. L'échange de semences, via notamment notre forum des producteurs mondiaux Terra Madre. La réduction de la longueur de la chaîne alimentaire, c'est-à-dire l'encouragement aux filières courtes qui évitent trop d'intermédiaires. Un prix plus juste pour la nourriture, qui rémunère raisonnablement les producteurs et incite les consommateurs à moins gaspiller : on ne respecte pas ce qui n'a pas de valeur et inversément. La relocalisation de l'agriculture, afin de promouvoir la souveraineté alimentaire. En d'autres termes, je préfère avant tout manger local, même avant de manger bio. Enfin, ce qui en découle : acheter local pour encourager l'agriculture de proximité.

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Mercredi 9 avril 2008
à Bruxelles, le mercredi 9 avril à 20h à l'auditorium 1 de la Faculté de Saint Louis, 43, bld du Jardin botanique (métro botanique). 5€ l'entrée (gratuit pour chômeurs et étudiants)

Le fondateur de Slow Food veint enfin nous rendre visite. Un an après les Rencontres du Nouveau Monde à Namur, dont le thème était le Slow Food, de nombreux convivums ont essaimé en Belgique.

Carlo Petrini a officiellement lancé celui du Parlement européen Les Goûts d'Europe le 8 avril au soir. Il vient, à l'invitation des conviviums belges, nous parler de Slow Food : "Bon, propre et juste : une éthique gastronomique au service de la souveranienté alimentaire".

Une occasion unique de découvrir le Slow Food, un mouvement décidément très convivial qui rassemble plus de 80.000 personnes dans 130 pays.

Pour plus d'info, voir le blog de Karikol, le convivium bruxellois.
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Mardi 29 janvier 2008

Un nouveau confrère, qui plus est gratuit, ça s'arrose ! Le magazine The Word est né il y a quelques jours et il s'avère super classe. Ecrit en anglais, comme son nom l'indique, il cherche "uniquement à rapprocher ses lecteurs de ce qu'on peut appeler l'ADN de la Belgique". Magnifique profession de foi qui apportera certainement un peu de culture belge dans notre communauté d'expatriés pas toujours au fait de ce qui se passe ici, de la richesse des Belges, de la folie ordinaire de ce pays plus fascinant qu'il y paraît.

On trouve dans le premier numéro un excellent article sur le denrier laitier ambulant de Bruxelles, Ernest Peeters, qui parcourt la capitale depuis 42 ans au volant de son estafette Citroën grise de 1978. "Ce qui le fait réellement avancer, c'est d'honorer une relation de confiance de toute une vie avec ses clients fidèles, perpétuant les rites d'une institution à laquelle il a consacré toute sa vie, et aussi le plaisir de sortir sa bonne vieille estafette type H", écrit Jacques Moyersoen. Il explique aussi que la mort du laitier était programmée depuis les avancées technologiques de l'homogénéisation - qui permet de diluer la crème dans le lait - et de l'invention de l'ultra haute température (UHT) pour stériliser le lait.

Prochain numéro le 14 mars 2008 - inscription gratuite pour le recevoir chez vous.

par Hughes Belin publié dans : lire et voir
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Lundi 28 janvier 2008

13, avenue de Tervuren 1040 Bruxelles - tél: 02 735 05 49

Un vendredi soir dans le quartier Mérode, quand la soirée privée à l'Espace53 s'avère assourdissante et irrespirable, y a-t-il un endroit sur Terre (pas loin, de préférence) où refaire le monde avec un ami ? Assurément. Au coin avec l'avenue des Celtes, au Carpe diem, un endroit qu'on évite naturellement quand on ne connaît pas, car le rez de chaussée (ah bon, il y a un étage ?) n'est pas très engageant. Mais quelle bonne surprise, à l'étage : un appartement de cinq ou six pièces transformé en restaurant, avec véritable parquet, murs vieillis à souhait, tables colorées usées juste ce qu'il faut. Le cadre est magnifique, on s'y sent très bien malgré ses 130 places assises ! Deux salles peuvent même être réservées pour les banquets (une petite pour 15 personnes maxi et une grande à géométrie variable). Et ce qu'on y mange ? Les 36 bières de la carte donnent le ton : ce sera une cuisine de brasserie, très classique, sans grande originalité : petites faims (5 à 12 euros), plats (12 à 17 euros), pâtes, végé, poisson, viande, huîtres, moules et desserts (3 à 5 euros !!!). Mais elle est copieuse et d'un imbattable rapport qualité-prix, un peu comme le Skieve Lavabo que nous avons déjà visité l'an dernier. En fait, le chef s'éclate avec les suggestions, beaucoup plus originales, ainsi que les menus (18 et 23 euros). Le vin est à partir de 9 euros la bouteille de 75 cl et la carte offre une très intéressante sélection de cafés du bout du monde. Ouvert de 10h à 02h00 (cuisine ouverte jusqu'à minuit). La musique d'ambiance est populaire. Les meilleures tables : devant les fenêtres du coin, numéro 31, 32 et 33. Service très aimable et d'une efficacité redoutable. On a été agréablement surpris, vous en conviendrez...

par Hughes Belin publié dans : restaurants
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Mardi 22 janvier 2008

La 16e édition du fameux guide gastronomique Bruxelles Ni vu ni connu vient de paraître, au prix de 17,95 euros. Il contient environ 700 adresses. Bonnes adresses ? Indéniablement, il contient de véritables découvertes, mais comment les distinguer des établissements qui sont là parce qu'il faut bien écrire sur eux ?

Vraiment pratique

Ce guide est incontestablement meilleur que ce qu'on a par ailleurs sur le marché (Delta, Lemaire...), car il est très pratique à utiliser. Grâce à une série de pictogrammes faciles à mémoriser (sur la couverture dépliable pour ceux qui n'ont pas tellement de cerveau disponible), on identifie d'un coup d'oeil la carte d'identité de chaque restaurant : renseignements pratiques, ambiance et cadre (très très utile pour ne pas se tromper) et facilités. C'est une véritable mine d'informations.

Le second aspect pratique de ce guide, ce sont ses index : les restos sont classés par commune par type de cuisine, mais on vous signale aussi les restos avec terrasse, d'un coup d'oeil, et les nouveautés de l'année, ceux qui sont ouverts le dimanche et ceux qui sont ouverts tard. En bonus, des rubriques à étoffer : bars et sorties, chefs chez soi (que le guide confond parfois avec des traiteurs...), restaurants spectacle et cours de cuisine (deux seulement répertoriés à Bruxelles). La mise en page est agréable, claire et le guide est très maniable.

Un peu de sel svp

Toutefois, il ne faut pas s'attendre à un véritable guide critique. Les photos qui émaillent les pages çà et là mettent la puce à l'oreille d'une possible complaisance. Tout le monde est beau, tout le monde est gentil et fait bien la cuisine, dans Bruxelles Ni vu ni connu. On aurait aimé des textes un peu moins... publicitaires et plus mordants. Si on les écoute, on irait manger partout. Or, certaines adresses comme Le Quartier Léopold (Place du Luxembourg), qui figure en bonne place dans le guide, sont de véritables usines à couverts. Une adresse qui ne manquera pas de bientôt figurer dans notre liste noire, chacun ses goûts.

Un bottin utile, donc, bien plus que le très laconique resto.be, voire indispensable pour savoir à peu près où l'on met les pieds, et à quel niveau de prix. Il gagnerait toutefois à être plus engagé, plus personnel. Mais les impératifs de la publicité (un beau guide comme ça, ça coûte cher à produire) ont, pour l'heure, raison de la témérité éditoriale.

par Hughes Belin publié dans : lire et voir
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Vendredi 18 janvier 2008

24, quai aux briques 1000 Bruxelles - tél 02 502 21 31

Le magasin bruxellois de Frederic Blondeel se niche dans le quartier des écaillers, Place Sainte Catherine, en face de la sortie du métro éponyme. Nous avons déjà parlé de lui lors de notre mémorable visite chez Lorette, qui distribue quelques-unes de ses créations. Le magasin est également un salon de dégustation au décor chaleureux mais un peu artificiel, tant il mélange les styles. Le choix est vaste parmi toutes les pralines et on n'hésitera pas à picorer çà et là dans les ganaches aux épices (wasabi, cayenne, cadamome, thé, basilic...) et autres combinaisons (cassis-cadamome, poire-clou de girofle, gingembre-orange...), mais pour les amateurs, la pure ganache Sao Tome à 75% est un must du genre. Le Trianon, avec ses trois petits disques de nougatine surmontant un coeur lait -caramel et recouverts de fondant, est une belle surprise à croquer. Le prix est celui du quartier : 60 euros le kg de pralines. Mais bon, il faut dire qu'elles ont voyagé depuis son atelier de Beaufort et qu'on est là chez un grand chocolatier belge. Touts les chocolats fondants sont pure origine et à 70% de cacao minimum. L'étape idéale si vous passez par le quartier pour découvrir ou faire découvrir Bruxelles, et ramener d'excellents chocolats de Belgique mille fois meilleurs que les grands noms des chocolats industriels. C'est magnifique, audacieux, délicieux et convaincant.

par Hughes Belin publié dans : magasins
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Jeudi 17 janvier 2008

7, rue des Chartreux 1000 Bruxelles - tél: 02 511 41 67

Une taverne unique à Bruxelles. Oh ! Il y a dans notre belle capitale d'autres bars typiquement bruxellois que nous ne manqueront pas de chroniquer ici. Mais celui-ci a une atmosphère extraordinaire, un parfum de début de siècle (le XXe !) qui fleure le bois ciré, le tabac chaud, le marbre des tables et la fonte de leurs pieds, le lait russe et la tarte aux pommes. L'établissement est d'ailleurs classé, tant il est représentatif de l'architecture d'une époque où Bruxelles brusselait... C'est surtout là où viennent communier (juste pour éviter le terme temple) les joueurs d'échecs de Bruxelles. Un club porte d'ailleurs son nom et des compétitions y sont organisées. Mais on n'est pas obligé de pousser ses pions pour s'y faire une place, car le public est très éclectique. On y rencontre des gens de toutes les générations, venus se poser dans ce hâvre de paix, à deux pas de la bruyante Place Saint Géry, près de la Bourse, au coeur de la capitale belge. Magritte y avait paraît-il ses quartiers, même s'il n'était pas très brillant au damier. En griffonnant des notes sur son carnet Moleskine, on dégustera avec sagesse une des quatorze bières au fût (2,10 à 4,25 euros), ou une pâtisserie maison (3 euros), mais si on a très faim, on pourra toujours aller au resto d'à côté, le Fin de siècle. Il existe encore des lieux où on n'est pas bousculé, où on peut prendre son temps, le temps de se parler, de lier connaissance, de lire un livre en papier, de regarder la lumière du jour décliner et d'écouter les bruits de la vie. Une taverne slow, en quelque sorte. Ouverte de 11h du mat à une heure en semaine et à 2h le week-end.

par Hughes Belin publié dans : bars
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Dimanche 25 novembre 2007

Tan

95 rue de l'aqueduc 1050 Bruxelles - tél : 02 537 87 87

Jamais je n'avais pris autant de notes pour une critique gastronomique. Il faut dire que chez Tan, on ne vient pas ici que pour manger, mais pour manger différemment. On y apprend par exemple qu'il existe des menus végétariens (14,50 euros) et des menus carnés (17,50 euros), composés d'entrées végé (de 11 à 16 euros) ou carnées (de 15 à 25 euros - pour le foie gras) et de plats végé (16-17 euros) ou carnés (23 à 28 euros). Bien entendu, la viande est cuite à basse température, ce qui lui confère des propriétés gustatives et nutritives incomparables. Les mets végé s'appellent "sattviques" et les carnés sont "radjastiques", selons les préceptes de l'ayurvéda. Là, déjà, basta pour la théorie et place au goût ! On n'est pas déçu, car on va de surprise en surprise. C'est tout simplement incroyable, ce qu'on peut faire avec de simples légumes. On a déjà vécu ça à la Saga, autre haut lieu de la cuisine végé créative. Mais Tan est plus...branché, plus Place du Châtelain (à 10 m de là), si vous voyez ce que je veux dire. Tan est un restau zen, calme, tout en bois et en feng shui avec de grands tableaux aux murs. Ambiance bobo, certes, mais un îlot de plénitude dans notre capitale pleine de mouvement et de superficialité.

Prêt pour la seconde leçon du jour ? Grâce à ma convive, Catherine Piette, spécialiste de l'alimentation-santé, j'apprends que "plus on mange proche du cru, plus on profite des vibrations de l'aliment". En d'autres termes, le cuit fatigue plus lors de la digestion. Pourquoi ? Parce que les défenses immunitaires réagissent très fortement au cuit, et mobilisent donc l'énergie du corps, qui ne se concentrera pas sur la digestion. D'où l'intérêt d'entamer un repas avec un aliment cru, qui facilitera grandement la digestion et ouvrira le corps à l'assimilation de ce qu'on va absorber. Et chez Tan, on s'aperçoit vite que manger sain peut être bon, voire délicieux. Les épices sont soigneusement choisies, les associations de condiments sont idéales. Certes, pas de pain (à part une succulente galette essénienne croquante), pas de mélange céréales-viande, et pas de dessert ni de café. On peut tout de même y boire de la bière ou de l'excellent vin maison (2,50 euros le verre, beaucoup plus chers pour les autres vins de la carte). Pour terminer, on se débrouillera avec les délicieuses pralines artisanales bio de chez Doutrelepont à Nimy (9,90 euros les 8) et l'infusion du jour (1,50 euros). Les recettes sont de Pol Grégoire, le pape de l'alimentation vivante, qui s'est associé avec Jo Vanderstichelen pour lancer Tan, et qui a depuis continué sa brillante carrière sous d'autres cieux. Mais Jo est toujours là, supervisant un service impeccable, très professionnel et aux petits soins.

Tant qu'on y est, et qu'on ne soit pas venu pour rien, allons-y pour une troisième leçon sur l'alimentaiton vivante. Il y a quatre sortes d'aliments, dans la classification du Dr Edmond Bordeaux-Székély. Les biogéniques régénèrent le corps : graines germées, jeunes pousses, produits lacto-fermentés (bière, choucroute et vin, youpie !), algues, herbes aromatiques et fleurs comestibles. Les bioactifs maintiennent la force vitale : légumes et fruits crus et bios. Les biostatiques ralentissent le processus vital : aliments cuits ou légumes crus mais pas frais. Enfin, les biocidiques détruisent le corps : nourriture industrielle pleine de conservateurs, sucres raffinés, produits laitiers pasteurisés, pain blanc, sucreries, café, graisses raffinées et aliments qui contiennent de l'alcool. Quand on sait que Tan a son propre potager à Ittre, on mesure à quel point ce restaurant-magasin (au rez de chaussée) est sérieux. Une expérience hors du commun, qu'on peut vivre sans se prendre la tête avec la théorie : c'est tout simplement bon et créatif et ça donne peut-être même envie de commencer à manger autrement. Attention : ne prend pas les tickets resto et pour se garer, patience, patience, un des nombreux 4x4 du coin va peut-être bientôt libérer deux places...

par Hughes Belin publié dans : restaurants
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Vendredi 23 novembre 2007

47, avenue Michel-Ange 1000 Bruxelles - tél: 02 733 69 95

Après de nombreuses recommandations, preuve que le bouche à oreille fonctionne très bien autour de ce site, nous avons enfin pu nous rendre chez Lorette. Et quelle découverte ! Lorette est une jeune Flamande, gaie, enjouée, et la philosophie de son commerce, c'est win-win. En d'autres termes une relation client-commerçant où tout le monde y trouve son compte. Du commerce équitable à la belge, en quelque sorte. Et là, effectivement, on n'est pas déçu, car comme elle le dit si bien : "il y a quelque chose pour chacun ici". On est au pays des merveilles : des friandises en chocolat, en sucre, en gâteau et autres pains d'épices, tout est artisanal. Pour faire descendre tout ça, tout ce qu'il faut pour préparer du thé, du café ou du chocolat chaud. Du vin aussi, liquoreux ou pétillant, cela va de soi, et des liqueurs très sucrées. Et pour emporter loin ou offrir, pas de problème : des boîtes de toutes les couleurs, des plateaux, et des emballages adaptés aux voyages. Après un petit thé accompagné d'un morceau de spéculoos - il y a toujours un petit quelque chose pour se mettre en jambes, ici - on passe à la dégustation des pralines (46 euros/kg, très correct). Et là, c'est l'extase ! Elles viennent de chez Frédéric Blondeel, un chocolatier artisanal surdoué de Coxyde. Il vient d'ailleurs d'ouvrir un salon de dégustation Place Ste Catherine où nous ne manquerons pas d'aller. Les truffes traditionnelles, au beurre et au cacao amer, sont excellentes, vraiment rien à voir avec les truffes industrielles des meilleures marques belges (Neuhaus, Godiva, Galler ou Corné). Les pralines pure ganache noire et ganache rhum-raisin (un gros grain de raisin sec posé dessus, en fait) sont divines. Pour ceux qui aiment les épices, ils ne seront pas déçus : pralines au Wasabi, canelle, cardamome... Pour les cadeaux, c'est l'endroit rêvé et il y a pour toutes les bourses, à partir de quelques euros, comme ce moulin à chocolat/sucre, idéal pour les crêpes, ou ces boîtes de sucre coloré, "trop stylées", comme dirait mon fils de douze ans. "Je ne vends que ce que j'aime", dit Lorette, et ça se voit : c'est bon et c'est beau. Enfin, fait incroyable : un magasin en pleine zone euro (à 100 m du Berlaymont, rue Franklin) qui n'est pas là pour vous plumer... quoiqu'on l'achèterait bien tout entier !

par Hughes Belin publié dans : magasins
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