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  • : Voici un blog consacré à la gastronomie et à l'alimentation, écrit par un journaliste professionnel en reconversion. Pour ses écrits dans la presse économique spécialisée, il a obtenu en 2007 le Prix Louise Weiss du journalisme européen.
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Mercredi 3 juin 2009

1, chaussée de Vleurgat 1050 Bruxelles
tél: 02 640 40 57
ouvert les midis en semaine

 

Pour une fois, un restau qui porte bien son nom. Comment ne pas s'esclamer cela lorsqu'on vient de goûter une telle cuisine. C'est très tendance, en ce moment, la cuisine-santé. Il n'empêche, il y a ceux et celles qui surfent sur la vague poussés par un marketing douteux, et puis certains, comme à Trop Bon, qui font ce qu'ils disent, voire sont ce qu'ils disent, depuis toujours.
Catherine Piette, le chef, est une amie, je ne m'en cache pas, et il est évidemment difficile d'être objectif. Mais bon, ça fait plus de deux ans qu'elle me régalait de ses préparations si innovantes, si goûteuses, que je ne vois pas pourquoi mon opinion devrait changer. En d'autres termes, j'ai testé son incroyable cuisine bien avant qu'elle ouvre son propre restau ! Celui-ci n'est que la prolongation logique d'une passion qui l'anime depuis toujours : celle des beaux produits, qui ont poussé dans une terre accueillante (et proche, si possible !), qui ont pris le temps de mûrir. Qu'on respecte autant que leur éleveur. C'est ça, le Slow Food. Sans oublier l'amour qu'on met dans sa cuisine - un point commun entre tous les grands chefs que j'ai rencontré jusqu'ici.
Une excellente adresse, donc, pour déguster à petits prix (il y a même des demi-portions) des assiettes équilibrées, saines (sans mauvaises graisses, ni additifs chimiques) et savoureuses, toujours surprenantes. Le vin (bio, comme tout le reste) est excellent, il vient de l'Apéro d'Oc. Les jus sont maison, préparés minute avec un Jazz Max (nouveau nom de l'Oscar).
Trop Bon est aussi traiteur et organise des cours certains samedis, notamment sur la cure anti-fatigue de Taty, la papesse de la cuisine-santé en Belgique. Si vous passez du côté de Flagey un midi de semaine (certains font même le déplacement exprès depuis des quartiers plus lointains !), n'hésitez pas, c'est une révélation. Comme quoi, on peut manger sain, bon, propre, juste et pas cher !

- Publié dans : restaurants
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Mardi 2 juin 2009
Un film italien de Gianni di Gregorio, sortie le 10 juin

En français, "le déjeuner du Quinze août". Joli petit film, vu à Paris lors de sa sortie internationale (sauf en Belgique, apparemment !). C'est fait avec des bouts de ficelles, mais ça fonctionne. L'acteur principal (et réalisateur) est très convaincant pour communiquer son stress. La situation est très burlesque : un homme qui vit avec sa mère se retrouve avec la garde d'une brochette de vieilles femmes (octo- à nonagénaires) lors du week-end du quinze août, dans leur appartement en plein quartier populaire du Trastevere à Rome. Pour ceux qui aiment l'Italie et le cinéma italien, c'est un régal : tout tourne autour de la bouffe, des relations mère-fils, de la débrouille, et de la vie qui passe, tout simplement. Même si le film donne chaud - on est en pleine canicule - il est ... frais. Frais comme un "bel bianchetto", le petit blanc qu'on s'envoie sur le coin du comptoir avant de retourner au turbin. Un bon petit divertissement qui ne prend pas la tête et qui ne mange pas de pain.
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Lundi 11 mai 2009
Cet événement gastronomique se déroulera du 15 au 17 mai 2009 au Parc du Cinquantenaire à Bruxelles.

Au programme, 36 exposants du domaine de la gastronomie (cours, produits, traiteurs, restaurants, vins et négociants) tiendront salon à Culinaria 2. Les ateliers (compris dans le prix d'entrée de 12,50€) permettront de se familiariser avec différents produits (chocolat, vins, bières, café, cocktails) et il y en même un pour les enfants. On imagine que si le succès est au rendez-vous, ils seront encore plus nombreux l'année prochaine, et rendront petit à petit cet événement incontournable pour les amateurs de gastronomie.

Pour ceux qui veulent goûter les meilleurs restaurants étoilés du pays, seize d'entre eux se sont déplacés au Parc du Cinquantenaire, pour concocter chacun un plat proposé dans un des quatre menus disponibles (2 entrées, un plat et un dessert) pour 45,00€ (entrée "passeport culinaria 2"). On remarquera la présence des VIP de la cuisine belge, tels Yves Mattagne (Sea Grill **), Lionel Rigolet (Comme chez soi**), Sang Hoon Degeimbre (L'Air du temps**) et Peter Goossens (Hof van Cleve***). Les boissons (vin et eau) sont comprises et la formule est le dîner promenade. Spécial crise: en prévente, le passeort Culinaria 2 est à 39€.

Pour plus d'info: http://www.culinariasquare.be
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Mercredi 11 février 2009

Certes, début février n’est pas le meilleur moment pour aller visiter les pays baltes, car non seulement il y fait un froid de canard, mais en plus le temps est gris et le soleil se couche très tôt. Mais pour ce qui est de la gastronomie, les bonnes surprises de la capitale lettone sont nombreuses, à commencer par les prix : vu le pouvoir d’achat d’un Bruxellois moyen, on y fait d’excellentes affaires. Pour une population locale qui gagne deux ou trois fois moins, c’est une autre histoire.

 

Ça commence bien

 

Pour rejoindre Riga depuis Bruxelles, on peut prendre Air Baltic à Zaventem, mais le moins cher est sans doute de passer par Charleroi et de prendre Ryanair où le billet aller-retour peut descendre jusqu’à 35 euros.

 

Et là, les surprises commencent bien pour le gastronome qui compte faire profiter ses hôtes lettons des spécialités belges. Ne vous torturez pas l’esprit pour savoir ce qui passera le contrôle de sécurité, puisque le supermarché duty free de Charleroi est très bien achalandé, avec des prix tout à fait corrects. On y trouve même un excellent champagne à dix euros la demi-bouteille, et quantité de „délicatesses” bien belges – on achètera tout de même ses chocolats à Bruxelles, chez Passion chocolat, Jean-Philippe Darcis, Frederic Blondeel ou Laurent Gerbaud.

 

Spécialités nationales

 

Premier réflexe: se procurer Riga this week, petite revue de poche où on trouve toutes les adresses et même plus, sur tout ce qu'il faut connaître de la ville, indispensable. Arrivé à Riga, on est rapidement briefé sur la spécialité du coin : les pelekie zirni, pois gris (bruns et bigarrés en fait) qui ont un petit air de capucijners hollandais. On en trouve partout, même en bio. Les supporteurs de hockey, le sport national, en mettent dans des boîtes en carton qu’ils agitent de toutes leurs forces pour faire un terrible boucan dans les stades.

 

Il n’est pas rare de croiser de tels énergumènes bariolés lors de promenades dans la ville. Ils nous rappellent utilement que les deux couleurs nationales (rouge et blanc) sont aussi celles de la fraise et de l’ail, deux aliments locaux très prisés dans le pays.

 

Un petit tour aux marché de Riga nous permettra de connaitre un peu mieux les habitudes alimentaires des habitants de la capitale. Les étals de fruits et de légumes sont très semblables aux nôtres, avec un peu moins de choix. La différence de pouvoir d’achat est telle qu’on ne se refusera rien.

 

Au chapitre des petits souvenirs à emporter, les couteaux à tartiner le beurre en bois de genévrier – qu’on trouve dans tous les pays baltes – et les ingénieux couteaux artisanaux pour faire des chips ou des copeaux feront bien l’affaire. Une alternative originale aux produits en bocaux ou en bouteille qui ne passeront de toute façon pas le contrôle des bagages a main à l’aéroport.

 

En parlant de spécialité, le kvass vaut le détour : c’est un soda sans alcool qui a la couleur mais pas le goût du cola, c’est une boisson fermentée a base de seigle, littéralement „bière de pain”. On a vraiment l’impression de boire du pain de seigle au cumin ! Le pain typique local, rupjmaize, au passage, est fait avec du seigle, soit gris, soit noir, mais très compact, parfumé au cumin des prés (carvi), avec sa caractéristique croûte brûlée. Délicieux avec du cottage cheese mélange à de la crème aigre, dont les Lettons sont très friands.

 

Les nez délicats éviteront peut-être de respirer et de goûter la choucroute locale, skābi kāposti. Ce chou en copeaux longtemps mariné dans son propre jus et d’autres légumes rappelle l’odeur de ce qu’il deviendra après digestion. Un vrai voyage dans le temps...

 

Pour faire descendre tout ça, on a un bon choix de bières dans le pays, mais la meilleure est incontestablement l’Uzavas, produite dans la ville côtière de Ventspils. Les bières locales sont assez concentrées et plutôt amères.

 

Réchauffement

 

En hiver, pas besoin de frigos : les yogourts sont directement poses sur les étals dehors. Il est temps d’aller à l’intérieur. Le marché couvert offre un spectacle très coloré. Les stands d’épices peuvent receler de bonnes surprises, mais pour ce qui est des noix à grignoter, goûter avant, car elles sont souvent éventées.

 

Les Lettons adorent les mets fumés. Tout y passe : le fromage, la viande, les volailles et les poissons. Le stand des poissons est incroyable, un vrai régal pour les amateurs d’oeufs de poisson de toutes sortes, et de poisson fumé. Quelle diversité ! Le saumon est ici succulent. Impayable chez nous, c’est une merveille abordable ici.

 

Un petit détour par le supermarché – sans grand intérêt pour ce qui est de l’alimentation, car on n’y trouve rien de spécial -  s’avère très utile au rayon vins. On y trouve de tout et à tous les prix : vins français, espagnols, italiens, sud-américains, californiens, mais aussi d’Europe centrale et de Georgie. On n’a pas osé goûter le vin pétillant de Riga...

 

Dégustations

 

Tiens, pourquoi ne pas aller justement se déguster une bonne bouteille au Vina Studija ( Wine Studio) au 10, Elisabetes iela („iela”, ça veut dire „rue” en letton) ? C’est un des lieux branchés de la capitale qui propose une belle sélection de vins français, espagnols et italiens a des prix très abordables. Le magasin peut même permettre de faire de belles affaires, comme ce Dom Pérignon 2000 à 170 euros la bouteille, impayable chez nous. Pour ce qui est du service et des tapas proposés en revanche, c’est un peu la déception, mais on passe un bon moment quand même.

 

En passant par un centre commercial Galeria Centrs a plusieurs étages, on s’arrête a la boutique de chocolats d’Emils Gustavs, merveilleuses boules de pralines de toutes les couleurs et pleines de très agréables surprises gustatives. C’est original et succulent : une tout autre façon de faire des chocolats qu’en Belgique mais qui vaut largement le détour. On en trouve au même prix dans la boutique duty free de l’aéroport de Riga, ne vous encombrez pas inutilement avant.

 

S’il y a un seul restaurant ou aller a Riga, c’est un peu plus loin au 19, Elisabetes iela chez mon ami Martins Ritins, propriétaire et chef du meilleur restaurant de Riga : Vincents. Un lieu magique où manger une cuisine très raffinée, inventive, avec des produits bio et slow food – Martins est aussi le Président de la section locale de Slow Food. La galerie de portraits ou Martins pose avec les grands de ce monde ne doit pas vous méprendre sur sa gentillesse ni sa modestie – sa cuisine se suffit d’elle-même. Le service est impeccable - voire spectaculaire - et la nourriture est exceptionnelle, du niveau d’un deux étoiles français. La cave est riche et les prix à la carte permettent toutes les folies – ce serait beaucoup plus cher chez nous. Un grand moment de pur bonheur gastronomique.

 

Insolite

 

Mais Riga recèle aussi des lieux insolites comme cet étonnant Kiploku Krogs (littéralement le „pub de l’ail”), situé dans la vieille ville au 3/5, Jekaba iela (mais attention, on y rentre par la Mazas Pils iela), où toute la carte est à base d’ail, même la glace en dessert ! L’odeur est caractéristique à l’entrée et l’addition est accompagnée de grains de café ou de persil plat au cas où on sort après. Les tapas sont excellents, mais les plats plus élaborés peuvent susciter des déceptions quant à leur raffinement. Il ne manque étonnamment qu’un produit ici : de l’aïoli ! Un bon moment tout de même, qui vaut le détour.

 

Au chapitre des restaurants insolites, on citera le restaurant Hospitalis (14, Stabu iela) où des infirmières sexy viennent vous donner la becquée comme à l’hôpital aux pires heures de l’occupation soviétique, assis sur une table d’opération ou une chaise gynécologique. On se promet de le tester lors d’un prochain séjour à Riga – pourvu que la nourriture n’ait pas le goût de médicament comme cela arrive parfois chez nous...

 

Pour se plonger dans le Riga médiéval, on ira tout d’abord prendre un verre de melnais balzams ou black balsam („baume noir”), au pub Riga Black Magic Bar, situe au 10, Kalku iela, où le décor est exceptionnel. Le personnel en costume d’époque vous servira au son d’une musique classique, des cocktails (chers) a base de ce Fernet Branca local centenaire, très amer et composé de 24 herbes, fleurs et racines médicinales différentes. Les pâtisseries n’y sont pas chères, dont un gâteau au chocolat succulent.

 

Un dîner au restaurant médiéval de Riga s’impose naturellement. Le Rozengrals se situe au sous-sol du 1, Rozena. Ambiance oubliettes assurée. Tout est en bois, pierre et fer forgé, et le personnel en costume, pas très souriant. Même les toilettes ont du style ! Pour ce qui est du menu où l’on trouve des recettes médiévales, c’est assez roboratif et bon, mais les plats de viande et de poisson sont assez chers, et les vins ne sont pas donnés. Bref, clairement un restaurant pour touristes, qui vaut tout de même le détour pour le dépaysement.

 

Un peu plus loin près de la cathédrale (d’où on peut voir tout Riga), se trouve un étonnant restaurant végétarien, le Kamala, au 14, Jauniela. C’est super classe et très zen. Trois cartes : végétarien, ayurveda et poissons. Pas cher pour nous, et très raffiné. En plus, la nourriture est à moitié prix tout le mois de février ! Le service est extrêmement lent, en revanche.

 

Signalons, à deux pas de là, le Cuba café au 15, Jauniela, très très sympa pour sortir le soir (mais ouvert dès 15h)  et danser la salsa – à laquelle excellent les habitués. Quelques tacos permettront de tenir jusqu’à la fermeture à 2h du mat’.

 

Un petit coup de mou ? Allons faire un tour à la Maison des thés Apsara, qui a plusieurs adresses à Riga. On a l’embarras du choix entre la sorte de pagode circulaire de la place Kr. Barona (près de l’opéra), où les jeunes amoureux viennent se prélasser sur les cousins à l’étage, dont les murs sont des baies vitrées offrant une vue panoramique sur l’extérieur, bruyant et agité. Le salon a aussi une adresse dans la vieille ville, au 22, Skārņu, qui offre cette fois-ci de petites alcôves pour tranquillement siroter un des cent thés que propose la maison, et accompagné, pourquoi pas, un bon narguilé. La prochaine fois, on ira à une 3e adresse un peu plus excentrée, une maison en bois très chaleureuse située au 2, Terbatas iela, Vermanes Darzs.

 

Et avec ça, on n’aura pas encore découvert toutes les richesses gastronomiques de Riga ! La prochaine fois, on ira au Carpe diem, magnifique club de jazz où on peut manger très correctement, au 10/12, Meistaru iela. On ne manquera pas, chaque deuxième lundi du mois, d’aller faire un tour au marché slow food des producteurs locaux au Berga Bazars, puis y prendre un café avec un chocolat d’Emils Gustavs au café éponyme, de style viennois. Pour la petite vodka avant d’aller dormir, on se contentera de respirer l’air du tram le soir en rentrant, il est assez chargé d’alcool…
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Mercredi 17 septembre 2008

[This article is featured in English, because it is the web extension of an article of The Word #5 which has just been published (pp. 44-45), called Night Shop Dining, abundantly and magnificently illustrated by pics from Ulrike Biets]

In my life as a food-lover, I hardly imagine other people’s life where food is just food and not pleasure, discovery, sensuality and encounters. I eat organic food at home and I spend all my lunches at Brussels European quarters’ restaurants, which I am all testing for my future EuroZone restaurants’ guide. So when The Word comes up with the project of making a proper meal with Night shop’s food, yes, definitely yes, I take up the challenge.


That Friday night, I feel bad because I seriously argued with the boss of a restaurant (named after a nut) in the EuroZone, where clients are treated really bad, my serious quarrel in the last six months of restaurant tasting. But tonight’s challenge will turn healing me by taking me back to the very roots of pleasure of food: purchasing, cooking and eating, surrounded by friends.


We meet at 6pm at the corner of rue de l’étang and rue Gray, just behind Place Jourdan, an area I know too good from my restaurant tastings – you have there the best and the worst places to eat in the European quarters. On my way to the night shop, I enter a new Bulgarian delicatessen shop, Balkani, at the very beginning of rue Gray. A good tip for yoghurt and feta cheese, I’ll remember.


Food is always about curiosity and openness to alien tastes, appearances and consistencies. As one of the co-founders of the Slow Food Brussels’ chapter, Karikol, I always start with my five senses to seize the nature of food. How does it look like? What does it smell? What does it taste? How does is it feel when you touch it? And what can you say or hear about it? These five basic questions take you to a trip to the origin of the food you taste and the answers reveal a lot about how it is made, its basic ingredients, who transformed or produced it, and perhaps whether it is good for you and for all the people who were part of the chain, including the living bodies (animal and plants) who are the base of food.


Not very usual


I usually don’t go to night shops, because most of food there is canned, packed or dry, ‘industrial’ in other words. This is why I go straight to searching for fresh food here. Cucumbers, tomatoes, bananas and onions are the only living beings you can find here, besides the very sympathetic owners. I usually compose my menus starting from one element I really want or I fancy, be it ingredient or wine. Here it will be a cucumber. I prefer to avoid the tomato, because I cannot stand anymore tomatoes without the taste of tomatoes, as I used to have in my parents garden when I was a child, in the beautiful countryside of my so green Auvergne, right in the centre of France.


Having perfected the original recipe of the tzatziki from my best Greek’s cooking book written by Chrissa Paradissis (a best seller in many languages), I look for yoghurt in the fridges and pick up a pot of “dairy preparation” with ‘yog’ in its name – a trick to avoid abiding by the law on yoghurt, obviously.

Then, let’s pursue with Mediterranean food: I pick up a can of MarieThumas canned chick peas for a delicious hummus, although no tahini (sesame paste) can be found in this paki shop.


As for the main dish, I prefer not to buy either a frozen pizza or bolognaise sauce with pasta. Let’s make a real meal tonight, even from here. I opt for making a quiche: simple, tasty and so personal. No problem for finding flour, we have choice between three brands. There are eggs, butter and cream so we need something to put in, which will give its name to our quiche. Hmm, difficult to find a garnish as all frozen boxes are ready-to-microwave dishes, but we finally opt for a frozen ‘forestry’ mix of mushrooms and bacon.


What about the desert? Well, here again, I go away from too-easy ice-cream and prefer to do my own banana sorbet. I told you, I heavily favour fresh food. We have some quality chocolate home, so I don’t need to buy some here, although they have black Côte d’Or. I call my best friend Catherine Piette, also from Slow Food and healthy cooking teacher, to get both recipes of quiche’s dough and the ganache au chocolat (boiled cream and melted chocolate mixed together, so simple) to top up my babana’s sorbet.

We choose a cold bottle of rosé wine, which I know it is good from previous tastings, and let’s go home! Thirty euros or so for a good meal for four people is fine, but we spent almost an hour in the night shop to elaborate a menu that meet my – high - standards, and its components. You definitely don’t get there for food in normal times.


Go home!


If you want to eat well, go home! And cook with love. And take your time. Statistics tell us that the average Belgian now spends as much money for its gsm than for its food, i.e. 14% of its budget. But I consider dinner as one of the most sensual moments of the day – especially if you see it as préliminaire for more horizontal affairs. Well, tonight, cooking will be a moment of creativity, sharing of knowledge, pretext for talking and getting to know people, and finally a great moment of pleasure and joy when savouring the meal. It is everyday like that in my home – I don’t have TV but children and friends.

I start by putting my small pieces of bananas in the freezer. They will be crutched with a mixer just before serving. I do my tzatziki and my hummus so that they can remain as long as possible in the fridge to spread all the flavours of garlic, olive oil, etc. inside their respective hermetically-closed boxes. Then I do my dough which has to rest for half an hour. I use in it porridge oats, a trick from my friend Catherine to make you quiche more crispy and tasty.


In the meantime we eat our dry nuts, of which the night shop had a great range, and drink some light vinho verde Gazela from Delhaize (9 percent alcohol, a little bit more than lemonade).
When comes the time of making the quiche’s garnish, we all smell the fishy odour of my scrambled eggs and decide to get rid of them, but rather the ones my friend Emmanuelle (we are at her home) has in the fridge. Yes, they smell fish because the hens that made them are fed with recycled fish powder. And this leads us precisely to where Slow Food starts: observing and asking questions. Looking at the little figures in red printed on the eggshell, they start with a “2”, which means that the hens were grow on the soil. “O”, would mean that they are organic, “1” that they are grown in open air and “3” that they are grow in cages. Read the labels, folks! And make a conscious choice.


The meal turns out to be a success, given the faces of all guests. Tzatziki an hummus are full of flavour on the ready-to-oven bread we bought at the nightshop. The quiche is tasty and crispy. And the banana sorbet with its ganache topping is for dying as the Belgians say it. A very heavy and cold cream of pure banana with a hot and think chocolate cream to end up this surprising meal.


The basic problem with night shops is they have very little fresh food. After this experiment, I can conclude that the best night shop would have either the highest rate of fresh food and of basic ingredients for cooking and not just eating from the microwave or straight from the can. But it proves that if you really want to have pleasure with food, nothing can stop you but your own creativity.

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Samedi 2 août 2008
10, place du Luxembourg 1050 Bruxelles tél: 02 230 22 30 ouvert tous les jours sauf dimanche

Comparé à tous les autres restaurants de ce côté de la Place du Luxembourg, Coco détonne : il a l'air plus classe. Un vrai décor tout en orange et noir. Une magnifique terrasse. La carte, abondamment sponsorisée - eh oui, la pub envahit même les cartes de restaurant - vaut le détour. Elle est très alléchante, avec des plats de brasserie très évocateurs, voire exotiques.

Les prix sont assez élevés, mais on est dans le Quartier européen. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une raison. Mais bon, si on en a pour son argent... Et c'est là que le bât blesse, justement. La spécialité de ce restaurant, c'est le pigeon. Car payer 14 euros pour deux tomates-crevettes (8 euros si on n'en prend qu'une) avec de la tomate qui n'a pas le goût de tomate, en pleine saison, c'est... du vol. Oui, je pèse mes mots. Et pas question de renvoyer ce plat. Le patron vous propose de "rajouter de la mayonnaise" !!! Sans commentaire.

Passablement contrariés, nous attaquons la suite : un wok de légumes. Surprise : ils sont cuits à la vapeur ! Encore croquants, certes, mais le bouillon au fond de l'assiette atteste qu'ils n'ont pas été saisis, comme on aurait pu s'y attendre. Quant aux "herbes" annoncées sur la carte, il n'y a que de la coriandre. De l'assaisonnement plus que sommaire.

La salade de boeuf thaïe à la citronnelle est encore plus surprenante, car si on y trouve du sésame (non torrefié) de la menthe et de la coriandre, mais point de citronnelle. C'est là que les choses se gâtent, puisque le patron ne supporte pas la contestation. Son physique d'ancien videur de boîte de nuit lui permet certainement de s'arroger le droit d'humilier ses clients récalcitrants. Mais quand on va vérifier en cuisine, on vous présente un paquet (intact !) de mélisse (Melissa officinalis) et non pas de Cymbopogon citratus qui est la vraie citronnelle asiatique, dont on utilise la base des tiges dans toute la cuisine thaïe. Alors qu'avait de thaï cette salade au rosbif ?

Aidé par des serveurs qui visiblement ne connaissent pas les fondements du métier, à savoir mettre le client à l'aise et surtout ne pas avoir d'états d'âmes, toute cette petite bande vous fera passer un sale quart d'heure si vous osez la ramener. Nous ne sommes pas restés pour les desserts, car l'abnégation du goûteur de restaurants du quartier européen a ses limites, comme toute activité humaine.

De toute façon, l'addition était - comme la salade, d'ailleurs - très salée. Une adresse à conseiller, donc, à ceux qui ont cru lire "Gogo" au lieu de "Coco" sur la façade. Ici, on n'est pas client, on est juste là pour enrichir un grossier personnage qui vous méprise, puisque de toute façon, ses "clients" à lui, ce sont "des amis, des habitués". Des gens qui payent sans discuter, sans se demander ce qu'ils ont dans l'assiette. Qui viennent effectivement pour autre chose que bien manger pour son argent.
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Lundi 21 avril 2008
354, chaussée de Wavre 1040 Bruxelles tél: 0473 99 25 74

Un bon petit lunch à 8 euros, ça vous dit ? Dans ce restau-snack de la rue piétonne près de la Place Jourdan, on a de quoi être surpris. Ce n'est pas de la haute gastronomie, certes et l'intérieur fait un peu cantine. Mais ici, on ne se moque pas du client, bien au contraire. Les patrons sont pleins d'attentions : excellent pain qu'on vous sert légèrement grillé, biscuits apéritif si vous prenez une boisson, assiettes joliment décorées... Service attentionné sans être intrusif, ce qui nous change un peu de partout ailleurs. Bon, la restauration n'est pas leur métier et ceci explique peut-être cela, ce qui est d'ailleurs paradoxal, reconnaissons-le. Ici, c'est le temple des gamers, ces "jeunes adultes" qui jouent avec des cartes genre jeu de rôles - je ne suis plus jeune adulte depuis avant-hier, j'ai une excuse pour ne rien y comprendre ! Bref, on y mange de la soupe, de la vraie soupe, des assiettes de quiche (elles viennent des Tartes de Françoise, valeur très sûre) ou de saumon fumé, très correct, toujours avec de la salade, et d'excellents desserts de pâtissier. C'est bon et copieux. Le vin, français et en bouteille, est au prix imbattable de 3,50 euros le quart de litre, acceptable. Les sandwiches sont faits maison. Et le café, c'est du Nespresso (1,75 euro). Quoi d'autre ? Ben, quand il fait beau, il y a même une terrasse. A un prix pareil, avec une qualité pareille et une attention au client pareille, aucune hésitation, on ne se fait pas avoir !
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Jeudi 10 avril 2008
Carlo Petrini, Président et Fondateur de Slow Food

Carlo est journaliste. Il y a une vingtaine d'années, il a lancé le mouvement international Slow Food avec quelques amis, conscient qu'il fallait faire quelque chose pour retrouver le goût des aliments, pour que la nourriture retrouve la place de choix qu'elle a dans notre humanité : elle est à la base de la vie, mais aussi de la convivialité, de notre lien à la terre-mère. Aujourd'hui, Carlo parcourt le monde pour rencontrer tous ceux qui se sentent concernés par le plaisir de manger des aliments qui ont du goût, par la volonté de produire des aliments de qualité et par la vision d'un monde où on respecte l'acte de se nourrir. Nous l'avons rencontré lors de sa conférence exceptionnelle à Bruxelles le 9 avril.

Que manges-tu, Carlo ?

De tout, vraiment. J'aime en particulier les cuisines locales. J'aime connaître toutes les formes d'alimentation du monde. Je suis assez curieux de ce côté-là.

Et à la maison ? C'est toi qui cuisines ?

A la maison, je mange de la cuisine italienne, piémontaise. Mais je ne fais que la manger. Je suis un désastre en cuisine. Les pâtes, ça, je sais faire : quel Italien ne sait pas faire les pâtes ? Mais pour le reste, je détruis les instruments de cuisine ! C'est trop complexe pour moi. Ce n'est pas durable !

Comment as-tu reçu ton éducation sensorielle ?

Par mes grand-mères, une en particulier. Les grand-mères sont à la base de l'éducation sensorielle de tout un chacun. C'est ce qui nous permet de retrouver une saveur, un parfum au fond de notre mémoire. J'invite tout le monde à parfaire son éducation sensorielle, car c'est la base de la gastronomie. Tout le reste en découle. Aujourd'hui, c'est encore possible. Les enfants sont les plus sensibles à l'alimentation.

As-tu déjà eu un problème de santé dû à la nourriture ?

Oui, j'ai eu une intoxication alimentaire il y a sept ans. C'était à cause d'un virus. Quand on voyage beaucoup, on est confronté à des tas de virus qui sont dans l'air.

As-tu déjà mangé des choses incroyables ?

Tout ce qui est comestible est intéressant. L'autre semaine, j'étais en Ethiopie, chez des paysans. Je m'y suis senti autant à l'aise que dans un restaurant trois étoiles au Michelin. Toutes les expériences sont importantes.

Tu fais du lobbying pour une meilleure alimentation, mais pas comme les autres...

C'est un lobby soft, qui a la conscience de ne pas être dur, mais tranquille, doux. Nous parlons de la vie quotidienne. Il ne faut donc pas être trop dur.

Et ça marche ?

Oui, car nous attirons plus de sympathie pour la cause que par d'autres manières. Slow Food fonctionne avec l'amitié, la convivialité et la fraternité.

Quelles sont les solutions que propose Slow Food à la situation actuelle ?

Comme je l'ai dit : tout d'abord l'éducation sensorielle du goût. Ensuite, l'éducation et le développement de la connaissance sur la gastronomie et tous ses aspects, notamment via notre Université des Sciences gastronomiques à Pollenzo. L'échange de semences, via notamment notre forum des producteurs mondiaux Terra Madre. La réduction de la longueur de la chaîne alimentaire, c'est-à-dire l'encouragement aux filières courtes qui évitent trop d'intermédiaires. Un prix plus juste pour la nourriture, qui rémunère raisonnablement les producteurs et incite les consommateurs à moins gaspiller : on ne respecte pas ce qui n'a pas de valeur et inversément. La relocalisation de l'agriculture, afin de promouvoir la souveraineté alimentaire. En d'autres termes, je préfère avant tout manger local, même avant de manger bio. Enfin, ce qui en découle : acheter local pour encourager l'agriculture de proximité.

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Mercredi 9 avril 2008
à Bruxelles, le mercredi 9 avril à 20h à l'auditorium 1 de la Faculté de Saint Louis, 43, bld du Jardin botanique (métro botanique). 5€ l'entrée (gratuit pour chômeurs et étudiants)

Le fondateur de Slow Food veint enfin nous rendre visite. Un an après les Rencontres du Nouveau Monde à Namur, dont le thème était le Slow Food, de nombreux convivums ont essaimé en Belgique.

Carlo Petrini a officiellement lancé celui du Parlement européen Les Goûts d'Europe le 8 avril au soir. Il vient, à l'invitation des conviviums belges, nous parler de Slow Food : "Bon, propre et juste : une éthique gastronomique au service de la souveranienté alimentaire".

Une occasion unique de découvrir le Slow Food, un mouvement décidément très convivial qui rassemble plus de 80.000 personnes dans 130 pays.

Pour plus d'info, voir le blog de Karikol, le convivium bruxellois.
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Mardi 29 janvier 2008

Un nouveau confrère, qui plus est gratuit, ça s'arrose ! Le magazine The Word est né il y a quelques jours et il s'avère super classe. Ecrit en anglais, comme son nom l'indique, il cherche "uniquement à rapprocher ses lecteurs de ce qu'on peut appeler l'ADN de la Belgique". Magnifique profession de foi qui apportera certainement un peu de culture belge dans notre communauté d'expatriés pas toujours au fait de ce qui se passe ici, de la richesse des Belges, de la folie ordinaire de ce pays plus fascinant qu'il y paraît.

On trouve dans le premier numéro un excellent article sur le denrier laitier ambulant de Bruxelles, Ernest Peeters, qui parcourt la capitale depuis 42 ans au volant de son estafette Citroën grise de 1978. "Ce qui le fait réellement avancer, c'est d'honorer une relation de confiance de toute une vie avec ses clients fidèles, perpétuant les rites d'une institution à laquelle il a consacré toute sa vie, et aussi le plaisir de sortir sa bonne vieille estafette type H", écrit Jacques Moyersoen. Il explique aussi que la mort du laitier était programmée depuis les avancées technologiques de l'homogénéisation - qui permet de diluer la crème dans le lait - et de l'invention de l'ultra haute température (UHT) pour stériliser le lait.

Prochain numéro le 14 mars 2008 - inscription gratuite pour le recevoir chez vous.

Par Hughes Belin - Publié dans : lire et voir
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