Catégories

Présentation

  • : Les Nouvelles du Goût du Monde
  • les-nouvelles-du-gout-du-monde
  • : Cuisine
  • : Voici un blog consacré à la gastronomie et à l'alimentation, écrit par un journaliste professionnel en reconversion. Pour ses écrits dans la presse économique spécialisée, il a obtenu en 2007 le Prix Louise Weiss du journalisme européen.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

news

Mercredi 18 avril 2007

Un cartel de la bière démantelé aux Pays-Bas

La Commission européenne vient de frapper fort en infligeant environ 275 millions d'euros d'amende à trois brasseurs néerlandais (Heineken, Grolsch et Bavaria), dont presque 220 millions d'euros au géant mondial Heineken. Le belgo-brésilien InBev s'en tire bien - son amende de 85 millions d'euros est annulée - car il a tout raconté aux services de la Concurrence de la Commission. Entre 1996 et 1999 "au moins", les principaux brasseurs du pays ont coordonné les prix et les hausses de prix, tant sur le marché de l'horeca (hotellerie, restauration, cafés) via les remises accordées aux établissements de débit, que celui de la consommation à domicile, via les supermarchés. En fait InBev s'est fait prendre la main dans le sac en Belgique pour les mêmes raisons et a lâché le morceau : il existait aussi des cartels de la bière en France, en Italie, au Luxembourg, que la Commission a déjà condamnés (sauf l'Italie, où l'enquête n'a débouché sur aucune charge).  Les Néerlandais consomment environ 80 litres de bière par habitant et par an.

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 24 avril 2007

Le classement 2007 de Restaurant Magazine

Sans surprise, les meilleurs restaurants du monde restent à peu près les mêmes d'une année sur l'autre. Le magazine professionnel britannique Restaurant Magazine vient de livrer son classement pour 2007 des 50 meilleurs restaurants du monde, et l'influence des chefs français demeure. Même si, une fois de plus, c'est la cuisine moléculaire qui tient le haut du pavé, avec Ferran Adria, le génial chef catalan d'El Bulli, qui remporte la palme et le titre de meilleur restaurant d'Europe.

La chèfe américaine Alice Waters, ambassadrice du Slow Food, se voit décerner la récompense 2007 pour son oeuvre sur la durée (lifetime achievement), au café-restaurant Chez Panisse, à Berkeley (Etats-Unis). Le Fat Duck, à Bray, dans le Berkshire (ouest de Londres), dirigé par Heston Blumenthal, conserve la seconde place du classement des 50 meilleurs restaurants, grâce à sa cuisine moléculaire très innovante. Il est suivi de Pierre Gagnaire, puis de la French Laundry en Californie (meilleur restaurant américain), où officie le multi-étoilé Thomas Keller, pur produit de l'école française. En 5e position, on trouve Tetsuya's à Syndney, sacré meilleur restaurant d'Asie-Australie, qui allie la philosophie de la cuisine japonaise et la technique de la cuisine française. Le 6e du classement est celui des triples étoilés Michel et Sébastien Bras, à Laguiole (France).

La meilleure progression est celle du danois Noma (Copenhague), qui passe de la 33e à la 15e place avec sa cuisine scandinave, grâce au talent de son chef, René Redzepi, qui a obtenu cette année deux étoiles au Michelin et qui d'ailleurs travaillé à la French Laundry et à El Bulli, la boucle est bouclée. L'Atelier de Joël Robuchon gagne 12 places pour se retrouver 13e, mais Alain Ducasse au Plaza Athénée perd 5 places et se retrouve 20e. Le parisien l'ambroisie et son chef triple étoilé Bernard Pacaud, gagne 17 places et se retrouve 23e. Taillevent entre au classement (48e).

Le meilleur restaurant d'Asie est Bukhara (Delhi, Inde), 37e au classement (+9 places). Le Quartier français à Cape Town (Afrique du sud) perd 9 places pour se retrouver 47e, mais prend le titre de meilleur restaurant d'Afrique et Moyen-orient grâce à sa cuisine fusion. 

Le jury de 651 professionnels a passé au crible les meilleures tables dans 70 pays, et la France place 12 restaurants dans le classement, suivie des Etats-Unis (8 lauréats), du Royaume-Uni (7), de l'Espagne (6) et de l'Italie (6).

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 8 mai 2007

Les ministres européens de l'agriculture ont décidé sans débat le 7 mai à Bruxelles, d'autoriser l'importation de vin argentin contenant de l'acide malique ajouté (E296). Cette pratique, interdite en Europe, est autorisée par l'Organisation Internationale de la vigne et du vin (OIV). Elle sert à corriger l'acidité, vu que lors de la fermentation malolactique (qui survient après la fermentation alcoolique), l'acide malique normalement contenu dans le jus de raisin, est dégradé en acide lactique et gaz carbonique, ce qui assouplit le vin et le stabilise. L'ajout d'acide malique donne de la verdeur au vin et permet de masquer une saveur d'acide lactique trop importante, le cas échéant. Cette nouvelle concession temporaire intervient dans le cas des négociations entre le Mercosur (zone de libre-échange sud-américaine) et l'Union européenne, entamées en 2002 et toujours en cours, pour une reconnaissance mutuelle des pratiques oenologiques.

Dans sa proposition du 9 mars 2007, la Commission européenne reconnaissait que la prolongation de cette dérogation "pourrait avoir des conséquences sur les dépenses communautaires, liées aux quantités supplémentaires de vin sur le marché." Toutefois, "ces conséquences ne sont pas mesurables", et l'aspect financier des recettes, par manque de données, est "inchiffrable". On peut donc en conclure qu'il n'y a eu aucune évaluation d'impact sur le marché du vin européen, contrairement à la volonté affichée par les institutions européennes de procéder à des évaluation d'impact pour toutes les mesures qu'elles prennent.

Cette mesure pourrait avoir des conséquences sur les dépenses communautaires, liées aux quantités
supplémentaires de vin sur le marché. Toutefois, ces conséquences ne sont pas mesurables.
L'aspect financier des recettes, par manque de données, est inchiffrable.
Cette mesure pourrait avoir des conséquences sur les dépenses communautaires, liées aux quantités
supplémentaires de vin sur le marché. Toutefois, ces conséquences ne sont pas mesurables.
L'aspect financier des recettes, par manque de données, est inchiffrable.
Cette mesure pourrait avoir des conséquences sur les dépenses communautaires, liées aux quantités
supplémentaires de vin sur le marché. Toutefois, ces conséquences ne sont pas mesurables.
L'aspect financier des recettes, par manque de données, est inchiffrable.
Cette mesure pourrait avoir des conséquences sur les dépenses communautaires, liées aux quantités
supplémentaires de vin sur le marché. Toutefois, ces conséquences ne sont pas mesurables.
L'aspect financier des recettes, par manque de données, est inchiffrable.

En somme, le "vin" importé du Nouveau Monde, à prix très compétitifs par rapport aux vins européens, fait concurrence à ces derniers, mais sur des bases différentes. Les décideurs de l'UE ne semblent pas, pour l'heure, enclins à exiger un réhaussement des règles de vinification pour les vins étrangers qui concurrencent les vins européens, mais bien un nivellement par le bas calqué sur les pratiques des pays tiers. La dérogation accordée le 7 mai est un des nombreuses dérogations appelées à devenir permanentes dans le cas d'un accord avec le Mercosur sur le vin. En d'autres termes, le mot "vin" n'a absolument pas le même sens en Europe qu'ailleurs, et les étiquettes sont loin de livrer toute l'information sur le contenu des bouteilles.

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 23 mai 2007

Envoyé spécial à Strasbourg

Le Parlement européen a adopté à Strasbourg le 22 mai, par une écrasante majorité (611 pour et 61 contre), le rapport de la Verte française Marie-Hélène Aubert sur la production et l'étiquetage de l'agriculture biologique. Il n'était que consulté - son opinion n'est pas contraignante pour le Conseil des Ministres européens - mais c'est un signal très fort en direction des Ministres européen de l'agriculture, qui ne sont toujours pas parvenus à un consensus. Toutefois, le Parlement n'a maintenant plus aucun moyen de pression légal, car la balle est maintenant dans le camp du Conseil.

Le Conseil des Ministres de l'UE avait accepté de revoir son "accord général" sur le sujet de décembre 2006, tenant compte des demandes du Parlement européen et du tollé soulevé par les promoteurs de l'agriculture biologique. Pour mémoire, le Règlement européen actuel devait être mis à jour car il expirait en décembre 2006, et les importations croissantes de produits agricoles bio nécessitaient une adaptation de la réglementation européenne, afin d'éviter de saper les standards européens par des produits dont la nature biologique est douteuse, et par là même la confiance des consommateurs européens.

Toutefois, le Conseil n'est pas revenu sur la possibilité d'autoriser, par dérogation exceptionnelle, des additifs et des traitements vétérinaires issus d'OGM (organismes génétiquement modifiés). De même, certaines substances chimiques pourraient être autorisées, elles aussi, par dérogation. Comme on pouvait s'y attendre, le Conseil a également refusé un changement de base juridique qui aurait donné plus de pouvoir au Parlement sur le sujet. Marie-Hélène Aubert a déploré "l'attitude très fermée et désinvolte du Conseil ces dernières semaines, malgré la bonne volonté de certains Etats membres".

Cela dit, de nombreux amendements du Parlement à la proposition initiale de la Commission européenne ont déjà été repris dans la position commune du Conseil. Le Parlement a par exemple obtenu un cadre légal renforcé pour les contrôles, les inspections et la certification des produits bio importés de pays tiers. Les règles pour la transformation, la certification et l'étiquetage, sont plus claires à l'intérieure de l'Union européenne, tout en permettant l'utilisation des logos nationaux déjà connus. Le résultat final, s'il n'est pas encore satisfaisant, est déjà bien meilleur que ce qu'on était en droit d'attendre en décembre 2005.

D'un point de vue formel, Marie-Hélène Aubert a regretté que la majorité des groupes politiques du Parlement européen aient refusé de reporter le vote du rapport du Parlement en juin et "n'ait pas voulu utiliser jusqu'au bout les moyens de pression" à disposition du Parlement. En effet, le Conseil ne peut pas prendre de décision formelle tant que le Parlement n'a pas voté son rapport, même en cas de consultation (non contraignante, contrairement à la co-décision). Le Parlement, et notamment ceux qui y soutiennent l'agriculture biologique, ne peuvent maintenant que "suivre avec attention ce dossier dans les mois qui viennent". Pour rappel, la part de l'agruculture bio est est actuellement de 1,4% de la surface agricole utile dans l'Union.

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 4 juin 2007

Le Gouvernement britannique a annoncé le 30 mai que son Ministère de l'environnement (Defra - Department for Environment, food and rural affairs) a commencé à travailler avec l'institut de normalisation britannique BSI (British Standards Institute) et le Carbon Trust (partenariat public-privé pour favoriser une transition vers une économie pauvre en carbone) sur une méthode universelle de calcul des émissions de carbone intrinsèques des produits et services. Ceci devrait permettre à tous les acteurs de la chaîne industrielle d'être informés sur leur impact climatique. "C'est le premier pas vers une norme internationale sur la mesure des émissions de CO2 intrinsèques", a précisé le Defra. Le secteur de l'alimentation est particulièrement visé dans ce projet, et notamment l'emballage. L'étiquetage devrait prendre en compte les émissions des produits lors de leur production, leur transport, et éventuellement en tant que déchets, ensuite. De nombreuses ONG environnementales européennes demandent déjà que soit indiqué le transport par avion sur les légumes et les fruits, très polluant en CO2 par unité de masse de produit.

Pour plus d'info (en anglais): www.gnn.gov.uk/content/detail.asp?NewsAreaID=2&ReleaseID=287814

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 6 juin 2007
L'Association européenne de l'agroalimentaire (CIAA), basée à Bruxelles, a nommé son nouveau Directeur général, l'Irlandaise Mella Frewen, pour remplacer Daniela Israelachwili le 2 juillet prochain. Mme Frewen a plus de 20 ans d'expérience dans le secteur, et notamment le lobbying Europe et Afrique pour Monsanto, depuis 2002. Elle est spécialiste des questions de biotechnologies (OGM, en clair) et d'agriculture conventionnelle et agrochimie (engrais et pesticides, en clair). En février 2006, un sénateur irlandais a révélé qu'elle faisait notamment partie de la délégation irlandaise aux négociations de l'OMC à Hong Kong fin 2005, ce qui a été dementi par le gouvernement et Monsanto : elle n'aurait fait qu'assister en tant qu'un des nombreux lobbyistes présents à ces négociations. Toujours est-il qu'avec la nomination de Mella Frewen au poste de lobbyiste en chef, l'industrie agroalimentaire européenne prend clairement un virage prononcé en faveur des OGM et d'une alimentation toujours plus nourrie de produits chimiques.
Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 11 juin 2007

Les Ministres de l'agriculture européens se sont mis d'accord ce 11 juin pour que le terme "veau" désigne la même chose dans toute l'Union européenne, c'est-à-dire une bête âgée au plus de huit mois. On était loin de se douter que jusqu'ici, ce terme ne désignait pas la même viande.

L'âge des bêtes abattues sera indiqué clairement au consommateur. Toutefois, une certaine marge de manoeuvre sera laissée aux Etats membres pour la vente au détail, pour tenir compte des habitudes de consommation, ce qui n'arrangera pas les choses pour s'y retrouver pour la viande âgée de plus de 8 mois. En France, par exemple, le "jeune bovin" sera une bête abattue entre 8 et 12 mois. Au Royaume-Uni, on parlera de "boeuf" dès 8 mois, et ailleurs de "veau rosé". Après 12 mois, ce sera partout du "boeuf".

Deux filières

Entre 0 et 8 mois d'élevage, un "V" sera marqué sur l'emballage, et entre 8 et 12 mois d'élevage, on apposera un "Z" sur l'emballage. Cette seconde catégorie concerne surtout deux pays (Danemark et Espagne), où les veaux sont quasi exclusivement nourris au maïs, complété par du fourrage, puis abattus après l'âge de dix mois. Presque partout ailleurs dans l'Union européenne, les veaux sont nourris au lait et avec des produits laitiers puis abattus avant dix mois. Au pays-Bas, les deux filières cohabitent : le "veau blanc" élevé au lait (85% de la production) et le "veau rosé" engraissé aux céréales et abattu plus tard. Le premier est meilleur et plus cher à produire, de l'ordre de 2 à 3 euros/kg, subissant une concurrence déloyale de l'autre filière.

Les viandes des pays tiers seront également soumises à ce nouveau Règlement européen relatif à la commercialisation de la viande issue de bovins âgés de 12 mois au plus, qui entrera en vigueur en juillet 2008. Comme toujours, il y aura des exceptions : les viandes bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) ou d'une indication géographique protégée (IGP) déposées avant l'entrée en vigueur du règlement.

On produit en Europe plus de 800.000 tonnes de veau par an, dont presque un tiers en France, un peu plus d'un quart aux Pays-Bas, 18% en Italie et 7% en Belgique. La France et l'Italie représentent ensemble plus de 70% de la consommation de veau, selon la Commission européenne. La blanquette et la saltimbocca alla romana ont encore de beaux jours devant elles...

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 12 juin 2007

Les Ministres de l'agriculture européens ont adopté ce 12 juin un nouveau règlement européen destiné à moderniser le cadre législatif de l'agriculture biologique. Malgré une levée de boucliers de la totalité des ONG environnementales, les Vingt-sept ont entériné le fait que les produits dits  "biologiques" puissent contenir jusqu'à 0,9% d'OGM (organismes génétiquement modifiés), à l'instar de l'agriculture conventionnelle.

Tolérance aux OGM

Le nouveau règlement stipule que l'industrie agroalimentaire pourra utiliser des auxiliaires technologiques (additifs, enzymes, levures, etc.) obtenus via des OGM quand il n'y a pas d'équivalent sur le marché. En cas de contamination accidentelle par des OGM, inférieure à 0,9%, le label bio sera toujours valable - les ONG, le Parlement européen et les quatre pays qui ont voté contre, demandaient une seuil de 0,1%. Et ce sera à la charge des agriculteurs de prouver qu'ils ont pris toutes les mesures nécessaires pour éviter la contamination aux OGM !

Nature & Progrès s'est insurgé contre une réglementation européenne qui va amener les Européens à manger des OGM "qu'ils le veuillent ou non". Pour les Amis de la Terre, les semences sans OGM vont de fait devenir plus difficiles à trouver pour les producteurs bio. C'est un "waterloo de l'environnement", ont entonné en choeur les ONG. "Inacceptable et injustifiable", pour Carlo Petrini, Président de Slow Food. La Belgique, la Grèce, la Hongrie et l'Italie ont voté contre l'adoption du règlement, qui a donc été adopté par majorité qualifiée par le Conseil des Ministres européens.

Cadre plus strict

Par ailleurs le label européen "agriculture bilogique" devra apparaître sur tous les produits bio, garantissant qu'ils respectent le même cahier des charges européen. Il pourra néanmoins cohabiter avec les labels nationaux, auxquels sont très attachés les professionnels du secteur. Il sera accordé aux produits qui contiennent au moins 95% d'ingrédients bio. En deçà de ce seuil, seule la liste des ingrédients pourra mentionner tel ou tel ingrédient bio. Le règlement n'interdit pas, toutefois, les normes privées plus strictes.

Le règlement renforce par ailleurs les contrôles, déjà nombreux, de l'agriculture biologique. Il sera plus vigilant sur les produits importés et le lieu de production devra être indiqué. Le secteur de la restauration et des cantines n'entre pas dans le cadre du règlement, et son cas sera réexaminé en 2011. En attendant, les Etats membres peuvent, sur une base nationale, réglementer ce secteur.

La nouvelle législation crée des bases juridiques pour ajouter des règles dans les secteurs de l'aquaculture, du vin, des algues et des levures biologiques. La liste des substances autorisées dans le mode de production biologique n'a pas été amendée. Les modalités de l'ancien règlement (liste des substances autorisées, règles en matière de contrôle, etc.) seront transférées dans le nouveau règlement dans une phase ultérieure de la révision. La nouvelle réglementation s'appliquera dès 2009.

4% de la surface agricole de l'UE

Eurostat vient de publier un rapport sur l'état de l'agriculture biologique en Europe, où l'Office statistique européen constate qu'elle occupait en 2005 quelque 4% de la superficie agricole des Vingt-cinq (donc l'UE sans la Bulgarie et la Roumanie), en légère hausse par rapport à 2003. C'est en Autriche où cette part est la plus grande avec 11%. L'Italie possède 18% des cultures biologiques de l'UE. La surface agricole bio représentait 6 millions d'hectares en 2005 dans l'UE-25. Toutefois, 1,6% des exploitations agricoles étaient biologiques. Leur taille moyenne (39 ha) est supérieure à la moyenne des exploitations agricoles européennes (16 ha).

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 20 juin 2007

Un nouveau rapport de la FAO (organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture) tire la sonnette d'alarme : la diversité des animaux de ferme est en danger, à cause d'une alimentation industrielle qui favorise les races aux rendements les plus élevés. En d'autres termes, le patrimoine génétique de nos campagnes est en train de diminuer, selon un tout récent rapport de la FAO présenté à la commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture le 15 juin.

L'afflux de la demande mondiale de viande, de lait et d'oeufs a entraîné une forte dépendance à l'égard des animaux à rendement élevé, qui sont reproduits de façon intensive pour uniformiser les produits, selon le rapport L'état des ressources zoogénétiques mondiales pour l'alimentation et l'agriculture. Or, ces ressources génétiques sont vitales pour s'adapter aux changements climatiques à venir, qui vont mettre la pression sur la biodiversité de la planète. Qui plus est, le problème se complique avec la facilité de mouvement de matériel génétique dans le monde entier. Les races-phares, comme la Holstein pour les vaches ou les volailles Rhode Island Red et Leghorn, ont par exemple évincé les races traditionnelles de par le monde. Bref, l'appauvrissement génétique va s'accélérer.

Une race en moins tous les 7 mois

Au cours des 7 dernières années, une race domestique a disparu tous les 7 mois, ajoute la FAO. Et encore, les inventaires génétiques sont incomplets dans de nombreux endroits. Mais pourquoi conserver des races moins productives ? "De nombreuses races menacées d'extinction comportent des traits uniques, comme la résistance aux maladies ou la tolérance aux conditions climatiques extrêmes", selon Irène Hoffmann, Chef du Service de la production animale de la FAO.

Et c'est évidemment dans les pays en développement que les dégâts sont les plus sensibles. Au Vietnam, les races locales de porc sont tombées de 72% en 1994 à 26% en 2002. Au Kenya, l'introduction du mouton Dorper a entraîné la quasi-disparition du mouton local de pure race Red Massaï. La gestion des ressources génétiques requiert du personnel bien formé, ce qui fait défaut dans de nombreux pays en développement. Les programmes de conservation de patrimoine génétique in vivo et in vitro ne sont pas assez répandus.

La Conférence technique internationale sur les resources génétiques d'Interlaken (Suisse) en septembre, devrait adopter un plan d'action mondial destiné à arrêter la perte de ressources zoogénétiques et à améliorer leur utilisation durable, leur développement et leur conservation.

En attendant, mangez local, bon, propre et juste, ce sera toujours ça...

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 26 juin 2007

Le débat sur le lien entre cancer et aspartame, un édulcorant de synthèse très largement utilisé dans le monde, refait brusquement surface. Une nouvelle étude de la Fondation européenne Ramazzini (institut privé de recherche en cancérologie environnementale à Bologne, Italie) vient d'être publiée dans le magazine Environmental Health Perspectives. Elle montre que des rats soumis à des doses d'aspartame "proches de celles auxquelles les êtres humains peuvent être exposés" sont sujets à une recrudescence de cancers, dont le risque est multiplié si l'exposition a lieu pendant la vie foetale.

Cette étude vient "mieux quantifier la carcinogénicité de l'aspartame, en commençant le traitement durant la vie foetale", d'après les auteurs. Leur dernière étude, publiée en juillet 2005, avait soulevé un tollé au sein des associations de consommateurs. L'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA - European Food Safety Authority) avait démonté les arguments de l'étude en mai 2006 et avait conclu qu'il n'était pas nécessaire de réexaminer la toxicité de l'aspartame, ni de revoir la dose journalière acceptable de 40 mg/kg de poids corporel par jour, fixée auparavant. "L'aspartame est sûr pour la consommation humaine", a affirmé l'EFSA.

On devrait cependant rapidement entendre l'EFSA communiquer sur cette nouvelle étude de la Fondation Ramazzini, puisqu'elle avait affirmé le 4 mai 2006 que "si de nouvelles informations devaient être disponibles dans le futur, l'EFSA les examinerait en leur accordant la priorité". La Food & Drugs Administration étasunienne a promptement réagi, elle, à l'annonce de la publication de la Fondation Ramazzini, en dénigrant son étude et en estimant que les résultats de nombreuses études concluant à la sécurité de l'aspartame la conduisent à ne pas changer ses conclusions sur la sécurité de cet "édulcorant tous-usages pour l'alimentation".

Les enfants très exposés

L'aspartame est un édulcorant intense qui possède une part de marché de 62% des édulcorants dans le monde. On estime ses consommateurs à 250 millions. On le trouve dans plus de 6.000 produits de par le monde : les sodas, les gommes à mâcher (chewing gums en français), les bonbons, les desserts, les yaourts, les sucrettes et de nombreux médicaments.  La révision de la réglementation actuelle "est particulièrement urgente en ce qui concerne les boissons contenant de l'aspartame, massivement consommées par les enfants", ont averti les auteurs de l'étude.

Pour se rassurer, on peut toujours consulter la propagande de l'industrie de l'aspartame, dominée par NutraSweet. Pour en savoir plus, on peut  visionner un extrait du film Sweet misery, a poisoned world ou un reportage de Fox News sur les conditions douteuses de l'agrément de l'aspartame aux Etats-Unis ou encore un long exposé du site Conspiration.

Pas très clair

Il est très difficile de savoir qui fabrique et commercialise l'aspartame dans le monde, car cette industrie, outre son intégration, est très taiseuse sur ses actionnaires. On sait que ce produit est vendu sous les marques NutraSweet (qui a appartenu à Monsanto de 1985 à 2000, et depuis lors une filiale de JW Childs Associates, un investisseur privé américain spécialisé dans le secteur de l'alimentation), Canderel et Equal (du groupe Merisant, qui a racheté cette activité à Monsanto en 2000), et Equal-measure, citée dans de nombreux sites, mais dont il est impossible de trouver la trace. Le groupe japonais Ajinomoto fabrique entre autres de l'aspartame qu'il vend à l'industrie. Son usine de Gravelines (nord de la France) qu'elle a rachetée à Monsanto en 2000 (avec les activités de NutraSweet en Europe) lui sert de plateforme européenne de production d'aspartame. Ce n'est pas un hasard, puisque le premier pays a agréer l'aspartame fut la France, en 1979, avec la marque Canderel.

Pour ceux que cela intéresse, on dispose d'un édulcorant naturel avec le stévia, originaire d'Amérique centrale et du sud. Cet édulcorant 200 à 300 fois plus sucrant que le sucre est utilisé en Asie depuis une trentaine d'années (40% du marché des édulcorants au Japon en 2005), mais interdit de mise sur le marché en Europe et Amérique du nord.

Par Hughes Belin
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus