Samedi 2 août 2008
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09:46
10, place du Luxembourg 1050 Bruxelles tél: 02 230 22 30 ouvert tous les jours sauf
dimanche
Comparé à tous les autres restaurants de ce côté de la Place du Luxembourg, Coco détonne : il a l'air plus classe. Un vrai décor tout en orange et noir. Une magnifique terrasse. La carte,
abondamment sponsorisée - eh oui, la pub envahit même les cartes de restaurant - vaut le détour. Elle est très alléchante, avec des plats de brasserie très évocateurs, voire exotiques.
Les prix sont assez élevés, mais on est dans le Quartier européen. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une raison. Mais bon, si on en a pour son argent... Et c'est là que le bât blesse,
justement. La spécialité de ce restaurant, c'est le pigeon. Car payer 14 euros pour deux tomates-crevettes (8 euros si on n'en prend qu'une) avec de la tomate qui n'a pas le goût de tomate, en
pleine saison, c'est... du vol. Oui, je pèse mes mots. Et pas question de renvoyer ce plat. Le patron vous propose de "
rajouter de la mayonnaise" !!! Sans commentaire.
Passablement contrariés, nous attaquons la suite : un wok de légumes. Surprise : ils sont cuits à la vapeur ! Encore croquants, certes, mais le bouillon au fond de l'assiette atteste qu'ils n'ont
pas été saisis, comme on aurait pu s'y attendre. Quant aux "
herbes" annoncées sur la carte, il n'y a que de la coriandre. De l'assaisonnement plus que sommaire.
La salade de boeuf thaïe à la citronnelle est encore plus surprenante, car si on y trouve du sésame (non torrefié) de la menthe et de la coriandre, mais point de citronnelle. C'est là que les
choses se gâtent, puisque le patron ne supporte pas la contestation. Son physique d'ancien videur de boîte de nuit lui permet certainement de s'arroger le droit d'humilier ses clients
récalcitrants. Mais quand on va vérifier en cuisine, on vous présente un paquet (intact !) de mélisse (
Melissa officinalis) et non pas de
Cymbopogon citratus qui est la vraie
citronnelle asiatique, dont on utilise la base des tiges dans toute la cuisine thaïe. Alors qu'avait de thaï cette salade au rosbif ?
Aidé par des serveurs qui visiblement ne connaissent pas les fondements du métier, à savoir mettre le client à l'aise et surtout ne pas avoir d'états d'âmes, toute cette petite bande vous fera
passer un sale quart d'heure si vous osez la ramener. Nous ne sommes pas restés pour les desserts, car l'abnégation du goûteur de restaurants du quartier européen a ses limites, comme toute
activité humaine.
De toute façon, l'addition était - comme la salade, d'ailleurs - très salée. Une adresse à conseiller, donc, à ceux qui ont cru lire "
Gogo" au lieu de "
Coco" sur la façade. Ici,
on n'est pas client, on est juste là pour enrichir un grossier personnage qui vous méprise, puisque de toute façon, ses "
clients" à lui, ce sont "
des amis, des habitués". Des gens
qui payent sans discuter, sans se demander ce qu'ils ont dans l'assiette. Qui viennent effectivement pour autre chose que bien manger pour son argent.